La popularité du 15 août ne se dément pas. Beaucoup, et vous en êtes, viennent vénérer la Vierge Marie et célébrer sa montée au Ciel. Même si l’Eglise a mis du temps pour officialiser l’assomption de Marie et la déclarer comme dogme en 1950, voilà des siècles que le peuple chrétien fête la mère de Dieu entrée dans la gloire de son Fils ressuscité, accueillie au Ciel dans la communion de la Sainte Trinité. Certes la Bible n’en dit rien, ce qui peut incommoder nos frères protestants, mais très vite, les chrétiens ont pressenti que celle qui avait donné naissance au Sauveur ne pouvait pas être privée de la compagnie de son Fils après sa mort terrestre. Ainsi, on a parlé de la dormition de la Vierge, puis de sa glorification ou de son assomption au Ciel, avec son corps et son âme, c’est-à-dire tout entière, puisque c’est en son sein que le Verbe de Dieu a pris chair de notre humanité. J’aime bien aussi les représentations de Marie couronnée par son Fils. Elle est reine dans le Royaume de Dieu.
Si la Vierge Marie occupe une si grand place dans la foi des catholiques et de nos frères d’Orient, ce n’est pas seulement en raison du rôle éminent qu’elle a joué dans l’histoire du salut, c’est aussi parce qu’elle est la première de notre humanité à être entrée pleinement dans la gloire de Dieu. Elle nous montre le chemin. Elle nous indique vers où aller. Avec elle, nous désirons le Ciel. Avec elle, nous marchons vers la Jérusalem d’En-Haut, la véritable patrie dans laquelle nous partagerons la gloire de Dieu et vivrons pleinement de sa vie. Marie nous fait aimer le Ciel. Le Ciel, non pas comme une évasion ou un rêve qui nous console des affres de ce bas monde, non, mais comme l’accomplissement de l’alliance avec Dieu, la pleine réalisation du Règne de Dieu. Or, Jésus ne cesse de prêcher sur le Royaume. Il multiplie les paraboles pour dévoiler son mystère. Il le signifie au travers de ces attitudes et de sa manière d’être. En lui et autour de lui le Royaume prend corps et Marie ne s’y trompe pas qui dès la visitation à sa cousine Elisabeth chante la victoire de l’amour, la puissance de la miséricorde qui relève les humbles et comble de bien les affamés (Lc1,52.53)
Puissions-nous avec la Vierge Marie désirer ardemment le Ciel. Puissions-nous, comme elle, laisser la grâce de Dieu agir en nous pour que nous mettions en œuvre la promesse de Dieu et que le Règne de Dieu vienne en nous et autour de nous. Que Marie intercède pour nous, pauvres pécheurs. Qu’elle nous entraîne sur le chemin de la foi. Qu’elle nous encourage lorsque les tempêtes et les vents contraires semblent démentir l’espérance qui nous habite. Loin de nous désengager, la perspective de la gloire de Dieu dans laquelle elle vit déjà, doit nous stimuler ici-bas à correspondre toujours davantage à notre vocation d’enfants de Dieu et de citoyens du Ciel. Amen.
Père Bruno CAZIN, curé des Paroisses Saint-Martin et Saint-Charles-de-Foucauld, doyen de Roubaix.