Homélie du 15ème dimanche du temps ordinaire, année A. Paroisse Saint-Charles de Foucauld, église du Saint Sépulcre et église Saint-Joseph, Roubaix.

Voilà une parabole facile à comprendre si on a un minimum de bon sens et d’expérience en agriculture ! De plus Jésus la commente lui-même. Alors, pas de problème : nous désirons être cette bonne terre où germe la semence. Nous voulons éviter d’être envahis par les ronces des soucis du monde et la séduction de la richesse. Pas si facile que cela, alors que les notifications et les messages nous sollicitent à longueur de journée et que la publicité aiguise nos appétits de consommation. Offrons-nous à la semence du Royaume des racines suffisamment profondes pour résister à la sécheresse ambiante ? Résistons-nous au Mauvais qui opère un travail de sape parfois subtil pour nous détourner du projet de Dieu ? Désirons-nous le Royaume de Dieu et sa Justice ou avons-nous intégré à ce point les critères de réussite de ce monde que le Royaume des Cieux apparaît au mieux comme une perspective lointaine et un peu floue ?  

Revenons un instant aux conseils de jardinage. Tous ceux qui s’y prêtent le savent bien. Pour qu’une terre soit fertile, il faut la travailler, l’abonder, la nourrir. Il faut que la pluie ou la neige l’abreuvent durablement. Ainsi la Parole de Dieu ne produira son fruit que si nous nous en imprégnons régulièrement, en la lisant, en l’écoutant, en la priant, seuls ou en fraternité. C’est alors qu’elle fera écho en nous, nous aidera à accomplir la volonté de Dieu et nous orientera pleinement vers son Royaume.

Cette Parole, vous le savez bien. Ce ne sont pas la lettre des écrits bibliques, si riches soient-ils. La Parole vivante, c’est le Christ lui-même, l’envoyé du Père, le Verbe fait chair que nous accueillons et que nous laissons habiter en nous dans la prière et les sacrements. Vous le manifestez publiquement à la fin de la proclamation de l’évangile lorsque vous répondez au ministre qui a chanté : « Acclamons la Parole de Dieu », « Louange à toi, Seigneur Jésus ».

C’est cette Parole qui garde vive en nous l’espérance du Royaume des Cieux. C’est elle qui nous empêche de nous assoupir ou de nous replier sur nous-mêmes en nous adaptant à la médiocrité ambiante. Il ne s’agit pas de trouver des accommodements raisonnables pour survivre et tirer son épingle du jeu. Il s’agit de désirer de toutes nos forces l’accomplissement de la promesse de Dieu déjà exaucée dans la résurrection du Seigneur. Avec l’apôtre Paul, nous le confessons : « Il n’y a pas de commune mesure entre les souffrances du temps présent et la gloire qui va être révélée pour nous. En effet la création attend avec impatience
la révélation des fils de Dieu. » (Rm8,18) Chacun de nous peut contribuer à cette révélation. Chacun de nous, s’il laisse l’Esprit Saint féconder son cœur et irriguer sa vie peut produire des fruits de justice et contribuer à l’avènement du Royaume. Amen !  

Père Bruno CAZIN, curé des Paroisses Saint-Martin et Saint-Charles-de-Foucauld, doyen de Roubaix.

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