Homélie du 6ème dimanche de Pâques, Paroisses Saint-Martin et Saint-Charles-de-Foucauld, église Saint Sépulcre et Saint-Joseph, Roubaix, 9 et 10 mai 2026.

Dimanche après dimanche, la liturgie nous aide à déployer le mystère de Pâques. A quelques jours de l’Ascension et de Pentecôte, l’évangile qui nous est proposé nous ramène avant la passion de Jésus. Jésus livre ses confidences à ses disciples. Il leur fait la promesse de l’Esprit Saint, le Défenseur, qui leur permettra de témoigner et de « rendre compte de l’espérance qui les anime, avec douceur et respect » comme le dit si bien la première lettre de Pierre.  Cet Esprit, il l’appelle l’Esprit de vérité. La notion de vérité peut nous effrayer. Qui peut prétendre détenir la vérité ? Existe-t-elle vraiment ? N’est-elle pas bien fragile à l’heure des fake-news et des manipulations d’opinion ? Jésus n’hésite pas. Ne se définit-il pas lui-même comme le Chemin, la Vérité, la Vie. Sa vérité, nous sommes appelés à la partager en laissant l’Esprit de vérité agir en nous. Alors nous découvrirons comme lui que nous sommes aimés de Dieu et nous pourrons aimer comme lui. Nous pourrons entrer avec lui dans la confiance au Père, être fils de Dieu comme lui. De ce fait, nous guérirons de nos peurs. Nous pourrons prendre des risques, sans craindre pour notre vie. Comme lui, nous la recevons de Dieu le Père et cela nous donne une liberté étonnante. Cela nous permet une audace incroyable. Comme lui, nous pouvons laisser la force de Dieu agir en nous au point de faire des miracles comme les premiers apôtres qui multipliaient signes et prodiges. Ainsi le commandement de l’amour peut se déployer et créer une fraternité qui manifeste la nouveauté de l’évangile : « Voyez comme ils s’aiment. »

Jésus ne nous laisse pas orphelins. Il nous donne son Esprit. Sa résurrection change tout. Non seulement, il a triomphé de la mort mais il nous donne sa vie. « D’ici peu de temps, le monde ne me verra plus, mais vous, vous me verrez vivant, et vous vivrez (vous) aussi. » La résurrection du Christ renverse les perspectives. Elle nous permet d’être comme lui en communion avec le Père et remplis d’Esprit Saint. Cette réalité se reçoit dans les sacrements du baptême, de la confirmation et de l’eucharistie. Elle se déploie au quotidien : « Celui qui reçoit mes commandements et les garde, c’est celui-là qui m’aime ; et celui qui m’aime sera aimé de mon Père ; moi aussi, je l’aimerai, et je me manifesterai à lui ». Prions le Seigneur d’habiter en nous par son Corps partagé. Accueillons l’Esprit qui nous permet de grandir dans la communion avec le Père et d’aimer comme Jésus. Demandons-lui de toujours grandir dans cet amour. Amen.

Père Bruno CAZIN, curé des Paroisses Saint-Martin et Saint-Charles-de-Foucauld, doyen de Roubaix.

Homélie pour le 5ème dimanche de Pâques, Paroisse Saint-Charles de Foucauld, église Saint-François et Saint-Joseph, première communion de Clara et Esteban, Paroisse Saint-Martin, Roubaix, les 2 et 3 mai 2026.

Voici Jésus qui annonce sa mort prochaine et sa montée auprès du Père. Le tragique de la passion et de la mort semble s’effacer devant la certitude de la vie en Dieu. La communion entre le Père et le Fils est plus forte que la violence qui va clouer Jésus sur la croix. 

Ce sont les disciples qui sont troublés, bouleversés. Ils ont beau accompagner Jésus depuis quelques années, ils n’ont pas compris l’intensité des liens d’amour qui l’unissent au Père. Jésus est obligé d’insister : « Celui qui m’a vu
a vu le Père. » Mais rien n’y fait. Philippe et Thomas multiplient les questions. Ils étalent leur ignorance. Ils ne savent même pas où va Jésus. Comment connaîtraient-ils le chemin. Ils ont suivi Jésus. Ils ont reçu ses enseignements. Ils l’ont vu faire des miracles. Ils ont admiré sa tendresse pour les malades, sa proximité avec les pauvres et les exclus. Ils ont bien reconnu en lui un prophète, un homme de Dieu mais de là à comprendre l’unité d’amour entre lui et son Père, il y a encore du chemin à parcourir. 

Les disciples sont de bons religieux, de vrais chercheurs de Dieu : « Montre-nous le Père et cela nous suffit » lui dit Philippe avec beaucoup de sérieux, tandis que Jésus le ramène à son humanité, au chemin qu’il trace jour après jour. Il est « le chemin, la vérité, la vie. » « Nul ne va vers le Père sans passer par lui. » Qui le connaît, connaît aussi le Père car le Père et lui ne font qu’un. 

Ce que l’évangéliste Jean nous rapporte est de la plus haute importance. C’est Jésus qui fait de nous des chrétiens. C’est en lui que nous découvrons qui est Dieu et que nous entrons en relation avec lui. Plus encore, c’est par lui que nous vivons de la vie même de Dieu, que nous nous laissons transformer par l’Esprit Saint pour devenir à notre tour enfants de Dieu et aimer comme Jésus. Dieu n’est pas une idée, un concept. C’est un Dieu vivant, un Père, riche en miséricorde qui vient au-devant de nous et nous ouvre le chemin vers lui par son Fils. Suivons Jésus dans son humanité, suivons-le jusqu’au partage de son corps et de son sang, jusqu’au don de sa vie sur la croix et nous ressusciterons avec lui. Comme lui, nous vivrons de la vie de Dieu. Nous serons des hommes nouveaux. Dimanche dernier Jésus se disait le berger des brebis ou la porte de la bergerie. Aujourd’hui il se définit comme chemin, comme chemin qui mène au Père. De plus il se dit être la vérité, la vérité d’une vie reçue du Père, la vérité de qui se laisse aimer et aime à son tour. Une vérité dans laquelle nous entrons à travers le baptême et que nous ravivons dans chaque eucharistie. Cette vérité de l’amour est vie. Au matin de Pâques, elle a triomphé de la mort. En communiant au corps du Christ ressuscité, nous aussi, nous entrons dans la vie éternelle. 

Rendons grâce à Dieu pour la merveille accomplie dans le Christ. Rendons grâce à Dieu pour celui qui est le chemin, la vérité, la vie. Laissons-nous entraîner par lui dans la vie nouvelle, dans la vie qui n’a pas de fin. Amen !

Père Bruno CAZIN, curé des Paroisses Saint-Martin et Saint-Charles-de-Foucauld, doyen de Roubaix.

Homélie du 3ème dimanche de Pâques, Paroisse Saint-Martin, Roubaix, 19 avril 2026.

Baptême et première communion de Sean SESTIGH et Tony NGO, première communion de Valentine NGO, Christina NGO, Fabio FERREIRA

« Alors leurs yeux s’ouvrirent, et ils le reconnurent, mais il disparut à leurs regards ».

« Leurs yeux s’ouvrirent et ils le reconnurent », lorsqu’il répéta le geste de la cène du jeudi saint, la veille de sa passion, lorsqu’il a partagé le pain en disant ceci est mon corps, prenez, mangez et lorsqu’il a partagé le vin, en disant ceci est mon sang, versé en rémission des péchés, prenez, buvez. Leurs yeux s’ouvrirent et ils comprirent qu’il était là, présent, lui qui avait marché avec eux sur la route d’Emmaüs. Lui qui leur avait expliqué dans les Ecritures que sa passion et sa mort n’étaient pas une erreur, un accident regrettable mais qu’elles signifiaient l’amour d’un Dieu qui rejoint l’homme dans sa misère, l’amour d’un Dieu qui rejoint tous les souffrants de la terre et leur signifie que la violence et la mort n’ont pas le dernier mot. Ça y est. Ils ont compris. Ils ont compris que l’amour avait gagné. Que la miséricorde de Dieu l’avait emporté. Et cela change tout. Pas besoin de s’attarder. Voilà pourquoi Jésus disparut à leur regard. Il ne s’agit pas de rester pétrifié devant l’événement inattendu. La présence de Jésus ressuscité éclaire tout d’une lumière nouvelle. Eux qui étaient tristes, déçus dans leur espérance, les voilà pleins d’énergie et d’assurance. C’est pourquoi, sur-le-champ, ils rebroussent chemin. Ils rentrent à Jérusalem pour annoncer la bonne nouvelle aux apôtres et à leurs compagnons. Remarquez bien qu’ils se font déborder et que ce sont les apôtres eux-mêmes qui les prennent de court : « Le Seigneur est réellement ressuscité : il est apparu à Simon-Pierre. » On peut y voir une pointe d’humour et l’invitation faite aux missionnaires d’être d’abord à l’écoute de l’Esprit Saint à l’œuvre chez ceux qu’ils rencontrent, autant que chez eux !

Frères et sœurs et en particulier, Sean et Tony, qui allez être baptisés, Sean, Tony, Valentine, Christina et Fabio qui allez communier pour la première fois au corps et au sang du Seigneur, vous êtes, nous sommes tous un peu, des disciples d’Emmaüs. D’ailleurs l’un des deux nous est connu par son nom Cléophas, l’autre n’est pas nommé et nous pouvons nous identifier à lui. Le Christ chemine avec nous mais bien souvent nous sommes aveuglés ou dans le brouillard. Il nous faut du temps pour le découvrir, le reconnaître, comprendre les Ecritures et l’accueillir dans les sacrements. C’est alors qu’il se manifeste à nous. Mais attention, il ne nous invite pas à en rester là, à nous satisfaire de cette reconnaissance. A peine l’ont-ils reconnu, qu’il « disparut à leurs regards ». Pas d’arrêt sur image mais une invitation à vivre de sa vie, à témoigner qu’il est vivant et que ça change tout. Une invitation à miser sur l’amour, à accueillir l’immense amour de Dieu pour nous et à le partager en aimant à notre tour, en servant nos frères et sœurs et en faisant le bien comme Jésus. 

Le baptême est un plongeon dans l’expérience de Jésus, un plongeon dans la vérité de notre être fragile et aimé de Dieu. Tout seul, je coule. Je suis perdu. Si je prends la main que Dieu me tend, si je me laisse aimer par lui, je suis sauvé. Par le baptême, nous devenons fils et filles de Dieu, frères et sœurs de Jésus, membres de son corps vivant, membres de l’Eglise. Et dans chaque communion, nous ravivons ce lien avec Dieu et avec nos frères et sœurs. Nous grandissons dans l’expérience de foi et nous nous offrons au Père avec Jésus. La communion, c’est une étape importante dans la vie d’un chrétien. On peut la recevoir tous les dimanches et même tous les jours. Mais si on communie au corps du Christ, c’est pour que toute notre vie devient eucharistie, si toutefois nous laissons l’Esprit de Dieu nous transformer pour ressembler à Jésus, pour nous laisser aimer par Dieu et aimer comme Jésus nous a aimés en donnant, en partageant, en faisant le bien autour de nous. Alors, oui vraiment nous serons ce que nous recevons. Nous serons membre du corps du Christ, nous serons le corps du Christ et l’Eglise s’en trouvera plus belle, plus forte. Amen !

Père Bruno CAZIN, curé des Paroisses Saint-Martin et Saint-Charles-de-Foucauld, doyen de Roubaix.