Écoutons bien : Dieu invite tous les hommes au banquet des noces ? C’est la fête ! La fête de l’alliance entre Dieu et l’humanité. Un banquet joyeux. Un repas de communion. Les invités se retrouvent dans la diversité à la table de Dieu. L’image de cette humanité réconciliée avec Dieu figure dans le livre d’Isaïe (Is25,6-9). Le festin se déroule sur la montagne de Sion, à Jérusalem. La cité de Dieu rassemble non seulement les exilés d’Israël mais tous les peuples que Dieu va libérer du voile de deuil et auquel il va révéler l’immensité de son amour. Quelle belle image que la communion eucharistique reproduit chaque dimanche et plus encore les visages radieux des centaines de milliers de croyants à Paris rassemblés autour du pape Léon il y a 15 jours !
Et voilà que la belle image est ternie par le refus des invités préoccupés par leurs petites affaires, leur champ, leur commerce. Plus encore les invités maltraite les serviteurs du roi et succombent à la violence. C’est un échec douloureux dont le roi ne se satisfait pas. Il invite les serviteurs à « aller chercher tous ceux qu’ils trouveront à la croisée des chemins les mauvais et les bons et la salle de noces fut remplie de convives » (Mt22,10). Une fois encore, dans cette partie finale de l’évangile selon Saint Mathieu, cela peut désigner l’afflux des païens dans l’Eglise, mais la suite de l’évangile nous donne des indications précieuses : Pour rester à la noce, il faut revêtir le vêtement adapté. Est-ce la robe blanche du baptême ou le vêtement de fête de ceux qui pratiquent la justice et les bonnes actions ? Les deux coïncident, car si nous nous comportons réellement en fils et en filles de Dieu, en frères et sœurs de Jésus-Christ, alors l’amour guidera nos actions, orientera nos décisions, façonnera notre manière de vivre.
Chers amis, accueillons l’évangile de ce jour avec la puissance qui l’accompagne. Réjouissons-nous de l’invitation de Dieu ! Désirons ardemment trouver place à la table du festin ! A la table eucharistique, dans un instant, et demain au banquet qui rassemblera toute l’humanité en Dieu. Préparons-nous à cette invitation. Revêtons le manteau de justice. Renforçons les liens fraternels entre nous. Convertissons-nous pour que nous reflétions la lumière du Christ et soyons disposés à entrer dans la fête du Royaume. Que la joie annoncée nous encourage dans la vie de tous les jours. Que celle-ci devienne réellement un pèlerinage vers la cité de Dieu.
Beaucoup se disent aujourd’hui en manque de repères, en recherche de sens. Ils ne savent pas comment s’orienter, quelles priorités se donner, quel projet bâtir. Ils se dispersent ou se recroquevillent sur eux-mêmes. Ils se réfugient dans les réseaux sociaux ou dans la drogue. Ils cherchent des compensations dans les plaisirs immédiats ou tombent dans une dépression plus ou moins larvée. Ils laissent monter en eux la colère et succombent à la violence comme on le constate ces jours-ci avec les émeutes des lycéens. L’image du festin des noces ouvre des perspectives stimulantes. Qu’il oriente nos vies vers le Royaume qui vient. Qu’il nous mette le cœur en joie et mobilise notre énergie. Alors comme l’apôtre Paul, nous pourrons dire : « Je peux tout en celui qui me donne la force ». Amen.
Père Bruno CAZIN, curé des Paroisses Saint-Martin et Saint-Charles-de-Foucauld, doyen de Roubaix.