Catégorie : feuilles de messe
Feuilles de messes Dimanche 30 Novembre 2025 ⛪️.
Feuille d’annonces Messes de 10h15 et 18h30 :
Livret de chants Avent 2025 :
Homélie pour la solennité du Christ, roi de l’univers, Paroisse Saint-Charles-de-Foucauld, église du Sacré-Cœur et église Saint-Joseph, Paroisse Saint-Martin, Roubaix, 22 et 23 novembre 2025.
C’est le dernier dimanche de l’année liturgique et nous fêtons le Christ roi. Nous avons en tête les grandes sculpture qui domine la baie de Rio de Janeiro ou le Tage à Lisbonne comme de nombreuses représentations plus modestes dans nos villages. Ces représentations sont assez récentes car la fête a été instaurée par le pape Pie XI en 1925, pour affirmer la royauté du Christ à une époque où grandissait l’attrait pour des pouvoirs autoritaires au lendemain de la première guerre mondiale. Le Christ l’a dit avec force : « ma royauté n’est pas de ce monde ». Il ne vient pas en concurrence des autorités humaines. Il vient instaurer le Règne de Dieu qu’on nomme parfois le royaume des cieux. Jésus l’annonce par la parole et par les actes. Le Royaume, c’est la réalisation de la promesse messianique, sans cesse relancée par les prophètes. C’est un royaume de justice et de paix, un royaume qui s’ouvre aux pauvres, aux cœurs purs, aux miséricordieux. Jésus l’illustre souvent par des paraboles. Il dit combien il est précieux comme une perle de grand prix et en même temps enfoui comme une semence. Mais Jésus ne se définit pas comme roi, son Royaume n’est pas de ce monde. Il n’y a guère que dans sa passion et sur la croix qu’on l’institue roi des juifs. Un titre qui ne consonne gère avec sa situation d’humilié, d’homme dépouillé, torturé, sans pouvoir. La seule couronne qu’il portera, c’est la couronne d’épines. Alors pourquoi donc fêter le Christ roi de l’univers ? Pourquoi, sinon parce que la puissance de Dieu l’a ressuscité, parce qu’il est vivant auprès de Dieu et qu’il nous ouvre le chemin vers lui. Jésus est roi. Il règne sur tout l’univers. Il guide l’humanité vers Dieu son Père. Il est le pasteur qui nous mène l’humanité vers le Royaume de Dieu.
Ainsi, vous l’avez compris. Le Christ renverse tous les repères que nous avons sur la royauté. Il est roi d’humilité, roi sans pouvoir et sans armée. Il est le serviteur qui prend la dernière place, qui lave les pieds de ses disciples la veille de sa passion. Il ne répond pas aux accusations durant son procès. Il n’oppose pas de résistance aux violences qu’on lui inflige. Il brise le cercle vicieux de la haine et de la vengeance. Il va jusqu’à pardonner ses bourreaux ou plutôt il demande à son Père de les pardonner « car ils ne savent pas ce qu’ils font. » (Lc23,34) Le larron condamné à mort sur la croix à ses côtés est le premier à entrer au paradis. Les pauvres sont premiers dans le Royaume (Lc6,20) et « Il est plus facile à un chameau de passer par un trou d’aiguille qu’à un riche d’entrer dans le royaume de Dieu » (Lc18,25) Tout est inversé. De plus, à l’achèvement des temps, « le Christ remettra le pouvoir royal à Dieu son Père, après avoir anéanti, parmi les êtres célestes, toute Principauté, toute Souveraineté et Puissance ». (1Cor15,24) et « le dernier ennemi qu’il aura anéanti, c’est la mort » dit encore l’apôtre Paul dans la 1ère lettre aux Corinthiens.
Si l’Eglise célèbre le Christ-Roi le dernier dimanche de l’année liturgique, c’est pour mieux signifier la portée de la résurrection et l’avenir qui s’offre à nous. Nous sommes tendus vers l’accomplissement des temps. Nous confessons que le Christ est le chef de l’humanité nouvelle, lui qui va rassembler toute l’humanité en lui pour la mener au Père. Ainsi le Christ récapitule toute chose comme le dit magnifiquement la lettre aux Ephésiens : Par la grâce manifestée dans le Christ (…) Dieu le Père a dévoilé sa volonté et sa bonté : il va « mener les temps à leur plénitude, récapituler toutes choses dans le Christ, celles du ciel et celles de la terre ». Le Christ est roi ; il nous guide. « Il est la tête du corps, la tête de l’Eglise » (Col1,18) Ainsi, « en vivant dans la vérité de l’amour, nous grandirons dans le Christ pour nous élever en tout jusqu’à lui, car il est la Tête. Et par lui, dans l’harmonie et la cohésion, tout le corps poursuit sa croissance (…). Il se construit dans l’amour ». (Eph4, 15.16).
Célébrons dans la joie le Christ roi. Désirons de tout notre cœur que son règne vienne comme nous le répétons chaque jour dans la prière du Notre Père. Demandons la grâce d’être vraiment « un royaume et des prêtres pour son Dieu et Père » (Ap1,6). Amen !
Père Bruno CAZIN, curé des Paroisses Saint-Martin et Saint-Charles-de-Foucauld, doyen de Roubaix.
Feuilles de messes Dimanche 23 Novembre 2025 ⛪️.
Messe de 10h15 :
Messe de 18h30 :
Homélie pour la fête de Saint-Martin, saint patron de la paroisse, Roubaix, 11 novembre 2025.
Mi6,6-8 ; Ps88,2-3,4-5,21-22,25.27 ; Mt25,31-40
Notre paroisse a la chance d’accueillir de nombreux catéchumènes cette année. Dans le dernier échange que nous avons eu, beaucoup partageaient l’importance du témoignage de vie que leur avaient donné des parents, une grand-mère, un ami, un saint vénéré par l’Eglise. Ce témoignage, c’est souvent celui d’une charité vécue au quotidien, d’une attention à l’autre, d’une tendresse, d’une amitié dont ils avaient bénéficié et dont ils avaient peu à peu découvert la source, le lien vital que cette personne avait avec Dieu, avec le Seigneur Jésus Christ.
Saint-Martin est un de ses témoins dont l’exemple reste parlant malgré les siècles qui nous séparent de lui. Jeune soldat romain, originaire de Pannonie, l’actuelle Hongrie, il se convertit au Christ, fonda le premier monastère de Gaule à Ligugé près de Poitiers puis devint évêque de Tours. Il a annoncé l’évangile, notamment dans les campagnes du centre de la Gaule. Il détruisait les idoles et établissait le culte du vrai Dieu. Sa charité contribuait à l’annonce de la Bonne Nouvelle. Jusqu’au bout, il s’est dépensé au service de ses frères, s’ingéniant à rétablir la concorde là où les jalousies et les rivalités provoquaient la division. Homme de prière, il contribuait à rapprocher le ciel et la terre. C’est ainsi que le Christ lui apparut, portant la moitié du manteau qu’il avait donné à un pauvre à Amiens. A l’heure de la mort, il s’en est remis à Dieu avec une grande confiance, repoussant le diable, en lui répliquant que le sein d’Abraham allait le recevoir.
Frères et sœurs, le témoignage de Martin est éloquent. Les actes parlent autant et même plus que la parole. A l’heure où beaucoup se veulent davantage missionnaires, il est bon de nous en rappeler. La fraternité vécue, l’entraide, une charité inventive sont l’expression de la foi. Il serait vain de se dire croyant sans aimer Dieu et son prochain et en particulier les pauvres de toutes ses forces. Il n’y a pas d’un côté la foi, la prière, la liturgie et de l’autre les engagements caritatifs comme le rappelle avec vigueur le pape Léon dans son exhortation Dilexi te. Les deux sont profondément liés car Dieu s’est fait homme et « ce que vous avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. » (Mt25,40)
Qu’est ce que Dieu attend de nous ? Cette cohérence entre la foi et les actes (Jc2,14-17). Le témoignage d’une foi vécue au quotidien, avant d’être célébrée à l’église : « Homme, le Seigneur t’a fait savoir ce qui est bien, ce qu’il réclame de toi : rien d’autre que pratiquer le justice, aimer la miséricorde, et marcher humblement avec ton Dieu ». (Mi6,8) Que cette invitation nourrisse notre prière en ce jour de fête. Qu’elle donne du fruit dans notre paroisse, placée sous le vocable de Saint Martin. Amen !
Père Bruno CAZIN, curé des Paroisses Saint-Martin et Saint-Charles-de-Foucauld, doyen de Roubaix.
Feuilles de messes Dimanche 09 Novembre 2025 ⛪️.
Homélie pour la commémoration des fidèles défunts, Paroisse Saint-Charles-de-Foucauld, église Saint Joseph et Paroisse Saint-Martin, Roubaix, 2 novembre 2025.
La mort nous interroge. Que sont devenus nos défunts ? Où sont-ils ? Sont-ils vivants ? Sont-ils heureux ? Autant de questions qui se bousculent dans nos têtes lorsque nous faisons mémoire de ceux que nous avons aimés, de ceux qui nous ont donné la vie, des membres de nos familles, de nos amis. A ces questions, beaucoup répondent par le vide, considérant que la mort physique est un point final de l’existence, d’autres se disent que ce n’est pas possible, qu’ils ressentent la présence des défunts, parfois même qu’ils leur parlent comme s’ils étaient dans la pièce d’à-côté. Toutes ces positions sont respectables qu’elles soient mues par le réalisme ou par l’affection. Chrétiens, nous n’avons pas d’opinion, mais nous avons une certitude et une espérance : la certitude, c’est que Christ est ressuscité. Il est apparu à Marie-Madeleine et aux saintes femmes. Il a bouleversé les apôtres, les disciples d’Emmaüs et bien d’autres. Il a retourné Saul et en a fait Paul, l’apôtre des nations. L’espérance chrétienne est née de la résurrection du Seigneur. Et cette espérance, ce n’est pas seulement que nous ressusciterons un jour, cette espérance, c’est que l’amour a gagné. La mort est vaincue et avec elle le péché, la violence et la haine. Nous sommes pardonnés, réconciliés avec Dieu. Par le baptême, nous sommes devenus fils et filles de Dieu. Notre vie est déjà transformée si toutefois nous nous laissons remodeler par l’Esprit de Dieu. Ainsi, la vie éternelle a déjà commencé en nous. Elle n’a rien de spectaculaire mais elle donne des fruits d’amour, de justice, de fraternité, de paix. Ainsi dans la foi, nous croyons que cette vie-là, la vie de l’âme sauvée par le Christ n’aura pas de fin. Nous espérons que nous retrouverons ceux que nous avons aimés et tant d’autres que nous méconnaissons aujourd’hui. Nous savons que nous pouvons miser sur l’amour et nous laisser aimer de Dieu comme Jésus. « Ainsi, celui qui voit le Fils et croit en lui à la vie éternelle, et moi, je le ressusciterai au dernier jour. » (Jn6,40) car la vie éternelle consiste à accueillir la vie de Dieu, à se laisser aimer par lui et à aimer en retour. Voilà pourquoi nous confessons le Christ Sauveur. Parce qu’il nous permet de devenir enfants de Dieu à notre tour. Parce qu’il nous libère de l’enfermement sur nous-mêmes et de la peur de mourir qui conduit au péché.
Frères et sœurs telle est notre foi. Telle est notre espérance. L’espérance d’hommes et de femmes qui n’ont pas seulement la conviction qu’il y a quelque chose au-delà de la mort, mais d’hommes et de femmes qui croient au Christ, Fils de Dieu, ressuscité. Que cette espérance nous apaise. Qu’elle nourrisse en nous l’intime conviction que ceux que nous aimons « sont dans la main de Dieu » (Sg3,1). Prions pour eux. Prions pour qu’ils puissent accueillir l’immense miséricorde de Dieu et participer à sa vie glorieuse comme les saints et les saintes que nous avons fêtés hier. Amen.
Père Bruno CAZIN, curé des Paroisses Saint-Martin et Saint-Charles-de-Foucauld, doyen de Roubaix.
Feuille de messe Dimanche 02 Novembre 2025 ⛪️.
Feuille de messe – Toussaint Samedi 1er Novembre 2025.
Messe de 10h15 :
Homélie pour la fête de la Toussaint 2025, Paroisse Saint-Martin, Roubaix.
C’est la mémoire des saints qui nous rassemble aujourd’hui. Nous rendons grâce à Dieu pour leur vie transformée par sa grâce, leur vie qui a témoignée de la puissance de son amour. Les saints nous entraînent. Ils nous encouragent à suivre le Christ à notre tour. Ils intercèdent pour nous auprès de Dieu. Ils constituent l’Eglise du Ciel, avec la Toute Sainte, la Vierge Marie, mère de Dieu, les patriarches et les prophètes, les apôtres et les martyrs, les confesseurs de la foi et tous ceux qui ont donné corps à l’espérance chrétienne par leur vie exemplaire, l’ardeur de leur charité, le témoignage de leur vie donnée. Ils manifestent la fécondité de la foi, les multiples formes que prend l’aventure des disciples du Christ en fonction des histoires personnelles, des personnalités, des contextes. Certains nous sont familiers parce qu’ils ont été canonisés récemment, comme les Saints Carlo Acutis et Pier-Giorgio Frassati, d’autres nous sont proches parce que nous portons leur nom ou qu’ils sont devenus pour nous des références. Peu importe, cette magnifique symphonie chante la gloire de Dieu et stimule notre marche à la suite de Jésus. Voilà pourquoi l’Eglise leur consacre une fête, une fête de joie et d’espérance à laquelle nous associons les fidèles défunts dont on honorera la mémoire demain. En effet, nous espérons qu’eux aussi connaîtrons le bonheur en Dieu, la béatitude éternelle, dans la communion de tous les saints.
Mais, dites-moi ! Qu’est-ce que ça veut dire au juste, être saint ? C’est un nom familier. Mais savons-nous précisément ce qu’il veut dire ? « Saint, saint, saint, le Seigneur, Dieu de l’univers ». Nous le chantons lors de chaque messe, après la préface. Nous reprenons alors le chant des séraphins qu’Isaïe nous rapporte (Is6,3). Dans le Gloria, nous proclamons que le « Christ est le seul saint…, avec le Saint Esprit dans la gloire de Dieu le Père ». Dieu est le Saint d’Israël et chaque fois que nous prions le Notre Père, nous demandons que son Nom soit sanctifié… sanctifié par nous, sanctifié par notre manière d’être. Dieu est saint, infiniment vivant et plein d’amour. La sainteté touche au mystère de Dieu. Si elle recouvre à l’origine les notions de séparé, sacré, (Qodes) elle se communique aux hommes par l’Esprit saint. Elle s’oppose au péché, à tout ce qui défigure l’homme et contrarie le dessein de Dieu de nous associer à sa vie.
Pour fêter tous les saints, l’Eglise nous propos les Béatitudes, la charte du bonheur associant sainteté et plénitude de vie en Dieu. Ce bonheur, il s’offre aux pèlerins de l’espérance que nous sommes. Il se donne aux cœurs purs, aux doux, à ceux qui pleurent, aux affamés de justice, aux artisans de paix. Ce bonheur est plus qu’une promesse. Il transforme déjà la vie de ceux qui emboîte le pas de Jésus et passent avec lui de la mort à la vie. Sans lui, sans sa mort et sa résurrection, les béatitudes seraient incompréhensibles pour ne pas dire scandaleuses. Elles ne constituent pas un baume pour apaiser nos souffrances en attendant l’au-delà. Elles sont déjà la joie des serviteurs de l’évangile, le bonheur des pauvres de cœur et des persécutés pour la justice, de ceux qui comme Jésus reçoivent leur vie du Père et se laissent transformer par l’Esprit saint.
Sainteté et bonheur. Voilà ce qu’il nous faut désirer. Voilà ce à quoi, il nous faut aspirer, non pas pour sauver nos âmes et éviter la damnation, mais pour entrer pleinement dans la gloire de Dieu à laquelle nous sommes destinés. Telle est la merveilleuse aventure de la foi dans laquelle les saints nous entraînent, les saints connus et vénérés comme la foule innombrable des saints anonymes qui ont reflété la gloire de Dieu (2Cor3,17) dans la simplicité du quotidien. Confions-leur notre prière. Demandons-leur d’intercéder pour nous. Que nous puissions grandir en sainteté, sanctifier toujours davantage le nom de Dieu par notre manière d’être et d’aimer. Amen !
Père Bruno CAZIN, curé des Paroisses Saint-Martin et Saint-Charles-de-Foucauld, doyen de Roubaix.