Catégorie : feuilles de messe
Feuille de messe – Toussaint Samedi 1er Novembre 2025.
Messe de 10h15 :
Homélie pour la fête de la Toussaint 2025, Paroisse Saint-Martin, Roubaix.
C’est la mémoire des saints qui nous rassemble aujourd’hui. Nous rendons grâce à Dieu pour leur vie transformée par sa grâce, leur vie qui a témoignée de la puissance de son amour. Les saints nous entraînent. Ils nous encouragent à suivre le Christ à notre tour. Ils intercèdent pour nous auprès de Dieu. Ils constituent l’Eglise du Ciel, avec la Toute Sainte, la Vierge Marie, mère de Dieu, les patriarches et les prophètes, les apôtres et les martyrs, les confesseurs de la foi et tous ceux qui ont donné corps à l’espérance chrétienne par leur vie exemplaire, l’ardeur de leur charité, le témoignage de leur vie donnée. Ils manifestent la fécondité de la foi, les multiples formes que prend l’aventure des disciples du Christ en fonction des histoires personnelles, des personnalités, des contextes. Certains nous sont familiers parce qu’ils ont été canonisés récemment, comme les Saints Carlo Acutis et Pier-Giorgio Frassati, d’autres nous sont proches parce que nous portons leur nom ou qu’ils sont devenus pour nous des références. Peu importe, cette magnifique symphonie chante la gloire de Dieu et stimule notre marche à la suite de Jésus. Voilà pourquoi l’Eglise leur consacre une fête, une fête de joie et d’espérance à laquelle nous associons les fidèles défunts dont on honorera la mémoire demain. En effet, nous espérons qu’eux aussi connaîtrons le bonheur en Dieu, la béatitude éternelle, dans la communion de tous les saints.
Mais, dites-moi ! Qu’est-ce que ça veut dire au juste, être saint ? C’est un nom familier. Mais savons-nous précisément ce qu’il veut dire ? « Saint, saint, saint, le Seigneur, Dieu de l’univers ». Nous le chantons lors de chaque messe, après la préface. Nous reprenons alors le chant des séraphins qu’Isaïe nous rapporte (Is6,3). Dans le Gloria, nous proclamons que le « Christ est le seul saint…, avec le Saint Esprit dans la gloire de Dieu le Père ». Dieu est le Saint d’Israël et chaque fois que nous prions le Notre Père, nous demandons que son Nom soit sanctifié… sanctifié par nous, sanctifié par notre manière d’être. Dieu est saint, infiniment vivant et plein d’amour. La sainteté touche au mystère de Dieu. Si elle recouvre à l’origine les notions de séparé, sacré, (Qodes) elle se communique aux hommes par l’Esprit saint. Elle s’oppose au péché, à tout ce qui défigure l’homme et contrarie le dessein de Dieu de nous associer à sa vie.
Pour fêter tous les saints, l’Eglise nous propos les Béatitudes, la charte du bonheur associant sainteté et plénitude de vie en Dieu. Ce bonheur, il s’offre aux pèlerins de l’espérance que nous sommes. Il se donne aux cœurs purs, aux doux, à ceux qui pleurent, aux affamés de justice, aux artisans de paix. Ce bonheur est plus qu’une promesse. Il transforme déjà la vie de ceux qui emboîte le pas de Jésus et passent avec lui de la mort à la vie. Sans lui, sans sa mort et sa résurrection, les béatitudes seraient incompréhensibles pour ne pas dire scandaleuses. Elles ne constituent pas un baume pour apaiser nos souffrances en attendant l’au-delà. Elles sont déjà la joie des serviteurs de l’évangile, le bonheur des pauvres de cœur et des persécutés pour la justice, de ceux qui comme Jésus reçoivent leur vie du Père et se laissent transformer par l’Esprit saint.
Sainteté et bonheur. Voilà ce qu’il nous faut désirer. Voilà ce à quoi, il nous faut aspirer, non pas pour sauver nos âmes et éviter la damnation, mais pour entrer pleinement dans la gloire de Dieu à laquelle nous sommes destinés. Telle est la merveilleuse aventure de la foi dans laquelle les saints nous entraînent, les saints connus et vénérés comme la foule innombrable des saints anonymes qui ont reflété la gloire de Dieu (2Cor3,17) dans la simplicité du quotidien. Confions-leur notre prière. Demandons-leur d’intercéder pour nous. Que nous puissions grandir en sainteté, sanctifier toujours davantage le nom de Dieu par notre manière d’être et d’aimer. Amen !
Père Bruno CAZIN, curé des Paroisses Saint-Martin et Saint-Charles-de-Foucauld, doyen de Roubaix.
Homélie pour la solennité de la dédicace des églises. 26 10 2025.
Au cœur de la célébration du baptême, il y a la bénédiction de l’eau : moment important qui précède la profession de foi et le baptême lui-même. J’apprécie particulièrement ce moment, surtout si des enfants contribuent à remplir la cuve baptismale. Ce n’est pas sans émotion que je prononce la bénédiction en disant : « Maintenant, Seigneur notre Dieu, regarde avec amour ton Eglise et fais jaillir en elle la source du baptême ». L’Eglise, ce sont alors les parents, les parrains, marraines, les familles, les amis, les paroissiens présents, notamment ceux qui ont préparé le baptême en amont. Si ces personnes prêtent attention, elles entendent qu’ils sont l’Eglise et c’est touchant, car cette Eglise est composée de baptisés de tous âges, pas toujours fervents, une Eglise accueillante à des parents et des amis qui ne sont pas croyants ou qui sont d’autres religions. Le rituel leur fait prendre conscience que l’Eglise est composée de pierres vivantes, comme le dit l’épitre de Pierre. Elle est le Peuple de Dieu, le Corps du Christ, le Temple de l’Esprit comme le Concile Vatican II l’a mis en valeur. L’Eglise est née de la sainte Trinité. Comme elle, elle est communion, unité dans la diversité. Ainsi, lorsque nous célébrons la dédicace des églises dont on ne connaît pas la date de consécration, nous ne célébrons pas des vieilles pierres ou des briques, si belles soient-elles. Nous célébrons le peuple vivant de Dieu qui se réunit ici depuis de nombreuses années, voir depuis plusieurs siècles. Nous célébrons le mystère de l’Eglise, témoin de la mort et de la résurrection du Seigneur, appelée à annoncer l’évangile de l’amour de Dieu. Dieu habite au milieu de son peuple. Plus encore, il vient habiter en chacun d’entre nous lorsque nous laissons résonner sa Parole et communions au corps sacré du Ressuscité. La liturgie en langue portugaise l’illustre bien : « O Senhor esteja convosco ». “Ele esta no meio de nos”, il est au milieu de nous.
L’Eglise ne se réduit pas aux églises, ni même à la messe. Elle vit par le témoignage et les engagements multiples des chrétiens à travers le monde. Avec les successeurs des apôtres et leurs collaborateurs prêtres et diacres, elle s’enracine sans cesse dans l’amour de Dieu révélé tout au long du cheminement d’Israël et manifesté en Jésus Christ. Voilà pourquoi, nous lisons et relisons la Parole de Dieu, ancien et nouveau Testament. Nous prions avec les mêmes psaumes que nos amis juifs. Nous les prions comme Jésus les priait avec ses disciples. Nous les prions avec le Christ Jésus en embrassant toute l’humanité que Dieu aime et veut sauver.
L’Eglise est fondée sur le Christ. C’est lui qui est « la pierre vivante rejetée par les hommes mais choisie et précieuse devant Dieu. » (1P,2,4) nous dit celui qui le premier a reconnu l’identité de Jésus : « tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. » (Mt16,16) C’est alors que Jésus lui a donné le nom de Pierre et a promis de bâtir son Eglise sur cette pierre de fondation.
Parfois j’entends certains parler de l’Eglise, institution, qui aurait tous les torts, bien loin de l’Eglise authentique qu’ils estiment représenter. Ce n’est pas une vision chrétienne de l’Eglise ; au mieux une vision de sociologue qui ignorerait tout de l’expérience de foi. L’Esprit saint, le même qui relie le Père et le Fils, circule entre nous et nous anime. C’est lui qui nous permet de vivre en enfants de Dieu et en frères et sœurs. C’est lui qui nous permet d’aimer comme Jésus et d’agir en fonction du Royaume qui vient. C’est lui qui crée l’unité de l’Eglise dans la fidélité au témoignage des apôtres et dans la diversité des baptisés qui la composent à travers les différentes cultures du monde.
Frères et sœurs, aimons l’Eglise. Aimons-la comme notre mère. Elle nous a engendrés dans la foi. Aimons-la même si elle nous paraît parfois vieille et fatiguée. Aimons-la comme notre famille et même davantage. Nous en sommes membres. Nous vivons en elle et avec elle la formidable aventure du salut en Jésus Christ. Aimons l’Eglise répandue dans tout l’univers autour du pape et des évêques. Aimons notre Eglise diocésaine de Lille. Aimons notre paroisse et prions pour elle. Pour qu’elle soit toujours plus accueillant, plus vivante, plus fraternelle. Demandons-nous comment prendre part concrètement à sa mission, à la mesure de nos capacités et de nos charismes.
Père Bruno CAZIN, curé des Paroisses Saint-Martin et Saint-Charles-de-Foucauld, doyen de Roubaix.
Homélie du 29ème dimanche du temps ordinaire C, Paroisse Saint-Charles de Foucauld, église Saint Joseph et Paroisse Saint-Martin, Roubaix, 19 10 2025.
Antienne : « Elle est vivante, efficace, la parole de Dieu : elle juge des intentions et des pensées du cœur. »
A première vue, le message est clair : il faut persévérer dans la prière. Tenir bon. Répéter ses demandes avec insistance et on finira par obtenir gain de cause.
Ça serait trop simple. Beaucoup s’y sont essayé sans succès. Ils ont beaucoup prié et font l’amère expérience de ne pas avoir été exaucés. Qu’est-ce-à-dire ? Dieu est-il sourd ? Ou indifférent à nos soucis ? Leur prière était-elle mauvaise ? Autant de questions qui nous turlupinent et parfois même nous conduisent à douter de Dieu.
Ecoutons bien la Parole de Dieu de ce dimanche. Comme l’écrit Paul à Timothée : « les Saintes Ecritures ont le pouvoir de communiquer la sagesse. » (2Tm3,15). Et que nous disent-elles ? Prie sans te décourager, lève les bras au Ciel sans faiblir et comme Moïse soutenu par Aaron et Hour, et tu obtiendras la victoire en gardant les bras levés vers le ciel (Ex17,8-13). Comment comprendre cela ? Faut-il à ce point insister pour que Dieu exauce ? Tiendrait-il une comptabilité de nos prières ? La prière exaucée est-elle la récompense d’un Dieu exigeant et comptable. Ce n’est pas ce que nous savons de lui qui aime gratuitement. Qui est riche en miséricorde (Eph2,4). Il connaît les souffrances de son peuple, il a vu sa misère (Ex3,7). Il n’a de cesse que nous entrions dans sa justice, que nous accomplissions sa volonté. Ainsi, notre prière sera exaucée si nos demandes vont dans le sens de Dieu. Elles seront exaucées, non parce que Dieu ferait les choses à notre place mais parce qu’en nous tournant avec confiance vers Dieu, en lui présentant nos attentes en vérité, nous finirons par agir avec la force de l’Esprit Saint. Comme le dit Saint Augustin dans une lettre adressée à Proba, une veuve de Rome qui l’interrogeait sur la prière : la prière stimule notre désir, elle dilate notre cœur et le fait vibrer aux intentions de Dieu. Persévérer dans la prière, nous permet d’accueillir la grâce de Dieu dans un cœur purifié, débarrassé de ce qui nous encombre et nous pollue, pour accorder nos actes à la volonté de Dieu et du Royaume qui vient. Ne nous méprenons pas : la prière riche en miséricorde chrétienne ne consiste pas à amadouer Dieu et à la convaincre de nous être favorable. C’est ainsi que les païens la conçoive. La prière du chrétien s’inscrit dans la relation de confiance avec le Dieu, Père de toute bonté qui veut nous sauver. La prière ne transforme pas Dieu qui est parfait, la prière nous transforme. Elle nous dispose à accueillir la grâce de Dieu. Et la plus grande grâce qu’il nous fait, c’est d’être ses enfants. En Jésus ressuscité, toute prière est exaucée car la puissance de l’amour l’a emporté sur la violence et la mort. Le péché a été vaincu une fois pour toutes. Toute justice est accomplie. En Jésus, nous sommes exaucés. Voilà pourquoi l’évangile d’aujourd’hui, après nous avoir invité à prier sans relâche à l’image de cette veuve qui implore le juge inique, nous soumet une interrogation : « Le Fils de l’homme, lorsqu’il viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ? » Une foi tendue vers l’avènement du Fils de Dieu, une foi ardente qui rend grâce à Dieu d’avoir été exaucée dans le Christ. Une foi ferme qui ajuste sans cesse notre prière à la volonté de Dieu.
Avant d’être un exercice spirituel ou de s’exprimer dans de belles formules, la prière est l’expression de la foi. Elle est une attitude de confiance, l’expression d’un désir qui rejoint le désir de Dieu. D’un Dieu qui aime tous les hommes et veut les sauver. D’un Dieu qui a fait alliance avec l’humanité et nous a donné son Fils, vainqueur de la mort. Sans hésiter, c’est à lui que nous pouvons confier notre prière. Il intercède pour nous auprès du Père et donne l’Esprit Saint à ceux qui le lui demandent. (Lc11,13).
Père Bruno CAZIN, curé des Paroisses Saint-Martin et Saint-Charles-de-Foucauld, doyen de Roubaix.
Feuilles de messes Dimanche 19 Octobre 2025 ⛪️.
Messe de 10h15, 18h30 :
Feuille d’annonces et de psaumes :
Livret de chants Eté 2025 :
Homélie du 28ème dimanche du temps ordinaire C, Paroisses Saint-Martin et Saint-Charles-de-Foucauld, église Saint-Sépulcre, Roubaix, 11 et 12 octobre 2025.
De la provocation ! C’est ce que nous pourrions penser à première vue, sans oublier que l’évangéliste Luc s’adresse plutôt à des chrétiens d’origine païenne qui s’identifient plus facilement aux samaritains qu’aux juifs. En fait, si nous observons bien, les 9 lépreux guéris n’ont fait qu’obéir à Jésus en se rendant au Temple pour faire reconnaître leur guérison par les prêtres et rendre grâce à Dieu. C’était la coutume et ce que Jésus leur avait prescrit, avant même qu’ils soient guéris en chemin. Pourquoi alors mettre en avant le Samaritain qui ne peut se rendre au Temple du fait de son statut ? Pourquoi donc ? Si ce n’est parce qu’il est le seul à se prosterner devant Jésus et à reconnaître implicitement que Dieu agit en lui. Jésus ne s’y trompe pas qui lui dit : « Relève-toi et va. Ta foi t’a sauvé ! » (Lc17,19) Cet homme vit un véritable relèvement, une résurrection. Il est désormais purifié de la lèpre. C’est un homme debout qui peut repartir dans la vie. Ecoutons bien : « Ta foi t’a sauvé ! » Nous sommes habitués à la formule qui revient à plusieurs reprises dans l’évangile et prêtons attention : Jésus ne s’attribue pas la guérison. Il souligne que la guérison est liée à la foi. Elle s’inscrit dans la relation de confiance de cet homme en Dieu et en Jésus. Or, cet homme, le seul à rendre grâce en se prosternant aux pieds de Jésus est un étranger !
Il en était de même pour Naaman, le général syrien, guéri après s’être plongé 7 fois dans les eaux du Jourdain, sur les conseils du prophète Elisée. Naaman s’était laissé convaincre malgré ses réticences initiales. Qu’avait-elle de plus cette eau du Jourdain que les eaux des autres rivières où il s’était baigné ? Rien sinon d’être l’eau du fleuve que le peuple élu a traversé avant d’entrer dans la terre promise. Rien sinon de préfigurer l’eau du baptême qui guérit du péché et nous fait passer de l’esclavage à la liberté des fils de Dieu. Et voici que Naaman le syrien ne conçoit plus de se prosterner devant Dieu si ce n’est sur un peu de terre d’Israël qu’il ramena chez lui à dos de mulet (2R5,17).
Frères et sœurs, accueillons ces belles histoires et les leçons du passé. Tournons-nous vers Dieu et interrogeons-le en pensant à notre situation actuelle, à celle de notre pays, de notre Eglise, de notre paroisse. Laissons-nous surprendre par ceux qui ont choisi de vivre chez nous pour diverses raisons. Découvrons toutes les richesses de leurs cultures, de leurs traditions, de leurs croyances. Et inversement, si nous sommes venus d’ailleurs, mettons-nous à l’écoute de ceux dont la famille a fait souche chez nous depuis longtemps. Contemplons Dieu qui aime tous les hommes et les invitent tous à sa table. Tournons vers Jésus venu d’abord pour les brebis perdues d’Israël et qui s’est laissé surprendre par la foi des païens. Mesurons que ce qui nous définit, ce n’est pas d’abord la langue ou la couleur de la peau, ni même la carte d’identité ou le passeport. Ce qui nous définit comme croyant, c’est le baptême qui nous fait passer avec Jésus de la mort à la vie. C’est le baptême qui nous purifie de toutes nos lèpres. C’est le baptême qui fait de nous des fils et des filles de Dieu, des frères et des sœurs de Jésus. C’est avec lui et en lui que nous pouvons rendre grâce à Dieu, faire eucharistie en célébrant l’offrande de sa vie sur la croix en confessant notre foi comme l’apôtre Paul. « On n’enchaîne pas la Parole de Dieu » (2Tm2, 9) Car cette Parole est puissante qui agit, transforme et féconde « ceux que Dieu a choisis » (2Tm2,10) pour que l’humanité soit belle et conforme au dessein de Dieu. Amen !
Père Bruno CAZIN, curé des Paroisses Saint-Martin et Saint-Charles-de-Foucauld, doyen de Roubaix.