Homélie du vingt-neuvième dimanche du temps ordinaire à paroisse Saint-Martin et paroisse Saint-Charles-de-Foucauld, église Saint-Vincent-de-Paul, Roubaix, 18 octobre 2026.

« Rendez donc à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu ».  C’est devenu une formule de référence pour distinguer le religieux du politique, pour appuyer la séparation entre les domaines de la foi et ce qui concerne la vie publique. On l’utilise parfois pour justifier la laïcité à la française et la non-interférence de l’Etat dans les affaires religieuses, mais écoutons bien dans quelles circonstances Jésus a prononcé cette phrase. Les partisans d’Hérode et les pharisiens essayent de le piéger pour le condamner pour manque de loyauté vis-à-vis du pouvoir en place. Ils savaient bien que Jésus était critique de la collusion entre les responsables religieux du temple de Jérusalem et le roi Hérode lui-même à la botte de l’occupant romain.  Jésus déjoue le piège. Il reconnaît la nécessité de payer l’impôt à César mais seulement l’impôt, car César tout empereur qu’il est n’est pas Dieu. Il n’est pas nécessaire de lui rendre un culte. Ce culte est réservé à Dieu seul : « tu n’adoreras pas d’autre Dieu que l’Unique. » N’est-ce pas le premier des 10 commandements que Moïse a laissé à son peuple Israël ?  César est César mais seulement César et c’est à Dieu qu’il faut rendre ce qui est à Dieu. Or, tout est à Dieu, puisque Dieu est créateur du ciel et de la terre. César, lui-même, doit exercer son pouvoir dans le respect de Dieu et ne pas se prendre pour le principe du monde. Ainsi si la formule peut appuyer la séparation du pouvoir religieux et du pouvoir politique, elle donne 2 indications fortes : 1 : Aucun pouvoir n’est absolu. 2 : Les croyants sont invités à exercer leurs responsabilités en respectant la volonté de Dieu. Nous pourrions poursuivre cette réflexion sur les rapports entre religion et politique tant l’histoire est riche à la fois de période de confusion entre les 2 sphères et d’une clarification progressive des relations entre états et église l’église catholique en France est le voyage du pape Léon tout récemment en est le témoin approuve aujourd’hui la séparation de l’état et des églises ce qui était loin d’être le cas au début du siècle dernier aujourd’hui encore dans le monde hélas des églises cautionne le pouvoir en place et encourage des régimes autoritaires ou des guerres et la doctrine sociale de l’église depuis plus de 130 ans maintenant donne des repères solides dont on retrouve un excellent résumé dans l’encyclique Magnifica Humanitas.

La première lecture que nous avons entendu tirer du livre d’isaïe peut nous surprendre puisque le Seigneur parle à son messie Cyrus roi des perses qui va permettre aux juifs déportés à Babylone de revenir dans leur pays ainsi Cyrus, le roi païen, devient un instrument dans la main de Dieu, pour libérer son peuple. C’est une relecture audacieuse de l’histoire qui nous invite à discerner dans les événements ce qui contribue à l’avancée du Royaume de Dieu et ce qui s’y oppose.

Je ne poursuis pas plus longtemps la méditation sur les textes d’aujourd’hui puisque nous aurons à remplir un questionnaire à la fin de cette messe pour contribuer à la réflexion de notre paroisse en vue du renouvellement missionnaire de du diocèse. Je donnerai davantage d’explications tout à l’heure. Retenons pour conclure les magnifiques paroles de l’apôtre Paul aux Thessaloniciens : « Sans cesse, nous nous souvenons que votre foi est active, que votre charité se donne de la peine, que votre espérance tient bon en notre Seigneur Jésus Christ, en présence de Dieu le Père ».  Amen. 

Père Bruno CAZIN, curé des Paroisses Saint-Martin et Saint-Charles-de-Foucauld, doyen de Roubaix.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. Découvrez comment les données de vos commentaires sont traitées.