Il a certainement longtemps que Jésus, l’envoyé du Père, avait projeté d’appeler des collaborateurs pour la mission. C’est pour cela qu’il a appelé des disciples et en choisit maintenant douze, comme les 12 tribus d’Israël. Mais l’envoi des apôtres ne paraît pas programmé. Il fait suite à un mouvement de compassion de Jésus devant les foules qu’il a sous les yeux. Elles sont désemparées et abattues comme des brebis sans berger. Désemparées et abattues. On dirait aujourd’hui déprimées, désespérées. Elles ne trouvent plus le sens de leur vie. Les pasteurs les ont délaissées au profit de leurs intérêts et des affaires souvent juteuses du Temple, comme le dénonçaient en leur temps des prophètes comme Jérémie ou Ezéquiel.
Leur mission vise d’abord à soulager, à guérir, à délivrer des démons. C’est ainsi que la Bonne Nouvelle de l’amour de Dieu prend corps. Les gens s’en trouvent mieux. Ils respirent. Ils retrouvent la santé. L’espérance renaît et le Règne de Dieu se fait proche. La promesse de Dieu se réalise. L’annonce de l’évangile se conjugue à ces signes concrets. Le salut est à l’œuvre.
Deux choses peuvent nous surprendre. Tout d’abord, la mission se limite aux frontières étroites d’Israël et en priorité aux brebis perdues d’Israël. Elle n’est pas destinée aux païens, ni aux Samaritains. Cela peut surprendre au regard de ce qu’écrivent d’autres évangélistes et de l’épopée missionnaire de l’Eglise que nous décrivent les Actes des apôtres et les lettres de Paul. Ne l’oublions pas : Matthieu s’adresse à des juifs devenus chrétiens qui peinent à ouvrir les portes de l’Eglise à des nouveaux venus et Jésus lui-même a évolué principalement en milieu juif. Ensuite, les missionnaires sont d’abord des moissonneurs d’une moisson abondante, des récoltants de fruits qu’ils n’ont ni semés, ni plantés. Leur mission relève du jugement final qui détermine ce qui a de l’avenir et ce qui en dépourvu. Ils sont comme les révélateurs du Règne de Dieu. Ils rendent inopérant tout ce qui s’y oppose. Ils sont au service de l’alliance entre Dieu et son Peuple, telle que la lecture du livre de l’Exode nous la rapporte, une histoire d’amour, une histoire de grâce : « Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement ».
En rendant grâce à Dieu pour la mission de 7 années de Sœur Florence parmi nous, comment ne pas évoquer son sourire réjouissant, son attitude d’accueil, sa chaleur communicative ? Comment ne pas y voir cette saveur évangélique mijotée dans le compagnonnage avec Jésus dans la prière, l’eucharistie quotidienne et la vie communautaire de disciples. Quelle belle manière de s’associer à la mission des apôtres pour servir le Peuple de Dieu qui vit ici à Roubaix et tous ceux qui sollicitent l’aide du Secours Catholique, rue d’Isly ! Sœur Florence, tu es un soleil pour beaucoup ici, un soleil qui réchauffe et réconforte, un soleil qui éclaire les enfants du caté et leurs parents, un soleil qui rayonne la lumière du Christ, bon Pasteur. Au nom de nos deux paroisses Saint-Martin et Saint-Charles de Foucauld, au nom de tous les roubaisiens, un très grand merci à la congrégation des sœurs de l’Annonciation de Bobo Dioulasso de t’avoir envoyée ici, un grand merci à toi ! Que Dieu te bénisse et te garde tout au long de ta vie et des missions à venir. Amen.
Père Bruno CAZIN, curé des Paroisses Saint-Martin et Saint-Charles-de-Foucauld, doyen de Roubaix.