Voici Jésus qui annonce sa mort prochaine et sa montée auprès du Père. Le tragique de la passion et de la mort semble s’effacer devant la certitude de la vie en Dieu. La communion entre le Père et le Fils est plus forte que la violence qui va clouer Jésus sur la croix.
Ce sont les disciples qui sont troublés, bouleversés. Ils ont beau accompagner Jésus depuis quelques années, ils n’ont pas compris l’intensité des liens d’amour qui l’unissent au Père. Jésus est obligé d’insister : « Celui qui m’a vu
a vu le Père. » Mais rien n’y fait. Philippe et Thomas multiplient les questions. Ils étalent leur ignorance. Ils ne savent même pas où va Jésus. Comment connaîtraient-ils le chemin. Ils ont suivi Jésus. Ils ont reçu ses enseignements. Ils l’ont vu faire des miracles. Ils ont admiré sa tendresse pour les malades, sa proximité avec les pauvres et les exclus. Ils ont bien reconnu en lui un prophète, un homme de Dieu mais de là à comprendre l’unité d’amour entre lui et son Père, il y a encore du chemin à parcourir.
Les disciples sont de bons religieux, de vrais chercheurs de Dieu : « Montre-nous le Père et cela nous suffit » lui dit Philippe avec beaucoup de sérieux, tandis que Jésus le ramène à son humanité, au chemin qu’il trace jour après jour. Il est « le chemin, la vérité, la vie. » « Nul ne va vers le Père sans passer par lui. » Qui le connaît, connaît aussi le Père car le Père et lui ne font qu’un.
Ce que l’évangéliste Jean nous rapporte est de la plus haute importance. C’est Jésus qui fait de nous des chrétiens. C’est en lui que nous découvrons qui est Dieu et que nous entrons en relation avec lui. Plus encore, c’est par lui que nous vivons de la vie même de Dieu, que nous nous laissons transformer par l’Esprit Saint pour devenir à notre tour enfants de Dieu et aimer comme Jésus. Dieu n’est pas une idée, un concept. C’est un Dieu vivant, un Père, riche en miséricorde qui vient au-devant de nous et nous ouvre le chemin vers lui par son Fils. Suivons Jésus dans son humanité, suivons-le jusqu’au partage de son corps et de son sang, jusqu’au don de sa vie sur la croix et nous ressusciterons avec lui. Comme lui, nous vivrons de la vie de Dieu. Nous serons des hommes nouveaux. Dimanche dernier Jésus se disait le berger des brebis ou la porte de la bergerie. Aujourd’hui il se définit comme chemin, comme chemin qui mène au Père. De plus il se dit être la vérité, la vérité d’une vie reçue du Père, la vérité de qui se laisse aimer et aime à son tour. Une vérité dans laquelle nous entrons à travers le baptême et que nous ravivons dans chaque eucharistie. Cette vérité de l’amour est vie. Au matin de Pâques, elle a triomphé de la mort. En communiant au corps du Christ ressuscité, nous aussi, nous entrons dans la vie éternelle.
Rendons grâce à Dieu pour la merveille accomplie dans le Christ. Rendons grâce à Dieu pour celui qui est le chemin, la vérité, la vie. Laissons-nous entraîner par lui dans la vie nouvelle, dans la vie qui n’a pas de fin. Amen !
Père Bruno CAZIN, curé des Paroisses Saint-Martin et Saint-Charles-de-Foucauld, doyen de Roubaix.