Homélie du 5ème dimanche du temps ordinaire A, dimanche de la santé. Paroisse Saint-Martin et Paroisse Saint-Charles de Foucauld, églises Saint François et Saint-Joseph, Roubaix, les 7 et 8 février 2026.

Sel de la terre, lumière du monde. Les formules ont bien du succès. Elles sont faciles à comprendre : le sel qui donne du goût, la lumière qui brille et éclaire. Mais réalisons bien. Elles font immédiatement suite aux Béatitudes. Elles s’adressent aux pauvres de cœur, aux doux, à ceux qui pleurent, aux affamés et aux assoiffés de justice. Elles s’offrent aux miséricordieux, aux cœurs purs, aux artisans de paix et aux persécutés. Elles sont destinées aux apprentis disciples qui écoutent le maître prêcher du sommet de la montagne. Elles visent ceux et celles qui sont invités à renoncer à eux-mêmes et à porter la croix avec Jésus. 

Sel de la terre et lumière du monde. Voilà un programme exaltant. Une invitation à rayonner la saveur de l’évangile et à éclairer ceux qui ne voient pas clair et peinent dans l’obscurité, comme ces collégiens un peu déboussolés dont me parlaient hier des enseignants qui essaient de les accompagner et de les guider dans les nombreux défis qu’ils affrontent. 

Sel de la terre, lumière du monde. D’accord, mais cela ne doit pas nous monter à la tête. Le disciple n’est lumière que s’il reflète la lumière du Christ, la lumière qui ne s’éteint pas, la lumière du Fils qui se laisse aimer par le Père et nous partage cet amour. Le disciple n’est sel que s’il laisse l’évangile des Béatitudes opérer ce renversement de valeurs qui permet la vraie liberté et l’audace de donner sa vie par amour. Alors, oui, le témoignage est possible. Le rayonnement s’opère sans effort comme le fruit d’une vie transformée par l’Esprit. Il n’a rien à voir avec une opération marketing ou un prosélytisme de mauvais aloi. 

Cette lumière, je l’ai vu briller bien souvent dans le regard de ceux que la maladie a dépouillé de toute prétention. En consentant plus ou moins vite à la faiblesse, ils se sont laissé désarmer. Ils ont accepté de dépendre des autres, de recevoir des soins. Dans leur détresse, ils ont découvert la bonté des soignants, les bienfaits des visites, la douceur d’une présence attentive et bienveillante. Ainsi la violence de la maladie cède quelque peu la place à la grâce du soin et une petite lumière s’allume dans les yeux parfois embrumés. C’est dans la faiblesse que se déploie la force de l’amour gratuit dans lequel, avec l’apôtre Paul, nous pouvons reconnaître la puissance de Dieu. Ainsi l’évangile du Messie crucifié se diffuse par les actes, dans le corps à corps des soignants et des soignés, les sonnettes qui hurlent dans la nuit et la visite qui apaise les angoisses. L’Evangile est proclamé sans le prestige du langage ou de la sagesse, mais dans la simplicité des relations qui se nouent avec les résidents des EHPADs ou des centres d’accueil de personnes en situation de handicap. Il se vit avec les aidants qui soutiennent un conjoint ou un membre de la famille. 

Rendons grâce pour tous ceux qui exercent un métier de soin, pour les aidants familiaux, les bénévoles visiteurs de malades ou membres d’aumônerie d’hôpitaux ou d’associations diverses. Prions pour ceux qui peinent ou se découragent. Confions à la miséricorde du Seigneur les personnes malades, handicapées ou dépendantes qui souffrent de solitude ou d’angoisse. 

Père Bruno CAZIN, curé des Paroisses Saint-Martin et Saint-Charles-de-Foucauld, doyen de Roubaix.

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