Vous venez de l’entendre, Jésus a été baptisé par Jean dans le Jourdain. Jean Baptiste ne voulait pas le baptiser mais sur l’insistance de Jésus il a accepté. Jésus tenait à pratiquer ce rite que des foules venaient accomplir auprès du prédicateur du désert. Ce baptême, c’était un plongeon dans les eaux du Jourdain, un baptême de conversion, un geste de purification pour se laver des péchés. Tout le monde le comprend, l’eau lave. L’eau purifie. Jésus n’a pas commis de péché. Il n’a pas besoin de ce baptême mais il tient à faire comme tout le monde. De plus cette eau, c’était celle du Jourdain, le dernier fleuve franchi par le peuple juif avant l’arrivée sur la terre promise, à une trentaine de kilomètres de Jérusalem, une mer rouge en miniature, le passage de l’esclavage à la liberté, l’acte de naissance du peuple de l’alliance.
Mais ce baptême dans l’eau est suivi d’un autre événement plus important encore : l’Esprit de Dieu descend sur Jésus comme une colombe et la voix du Père se laisse entendre : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé en qui je trouve ma joie. » Voilà le véritable baptême, la manifestation de Jésus – son épiphanie – comme Fils du Père, rempli de l’Esprit Saint. C’est la révélation de la Sainte Trinité, l’amour qui unit le Père et le Fils dans l’Esprit. Ainsi, chers catéchumènes, lorsque vous allez être baptisés à Pâques, vous allez être purifiés de vos péchés, non seulement grâce à l’eau qui va couler sur vos têtes mais vous allez faire l’expérience de Jésus : être aimés de Dieu, le Père et être marqués par l’Esprit Saint. Vous allez être baptisés dans l’Esprit Saint. D’ailleurs, vous serez baptisés au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.
Frères et sœurs, ne nous y trompons pas, le véritable baptême, ce n’est pas celui de l’eau. C’est celui dans l’Esprit. L’eau qu’on voit représente l’Esprit Saint qu’on ne voit pas. Ainsi, le baptisé entre dans l’expérience de Jésus. Il entend la voix du Père qui lui dit : « Je t’aime. Tu es mon fils/ma fille bien aimé/e. Je répands mon Esprit sur toi, jusque dans ton cœur. Il te permettra de vivre et d’aimer comme Jésus qui « là où il passait faisait le bien » (Ac10,38).
Telle est la grâce du baptême, le don magnifique que Dieu nous fait dans le Christ. En accueillant cette grâce, vous serez renouvelés, délivrés du péché, libérés de tout ce qui vous empêche d’aimer en vérité. Alors comme le serviteur de Dieu du livre d’Isaïe, vous vous entendrez dire : « Moi, le Seigneur, je t’ai appelé selon la justice ; je te saisis par la main, je te façonne, je fais de toi l’alliance du peuple, la lumière des nations : tu ouvriras les yeux des aveugles, tu feras sortir les captifs de leur prison, et, de leur cachot, ceux qui habitent les ténèbres. » (Is42,7).
Cette grâce est le don gratuit de Dieu. Ce n’est pas un diplôme, ni une reconnaissance. C’est un don qui transforme et renouvelle. Un don qui rejaillit autour de vous et se traduit en fruits de justice et de paix pour que l’immense aspiration des hommes se réalise sur toute la terre, jusque dans les îles lointaines car le don de Dieu est disponible pour tous quelle que soit son origine, sa nationalité, son statut. Frères et sœurs catéchumènes et vous qui les accompagnez, merci pour la démarche que vous engagez. Merci de rejoindre notre Eglise et la merveilleuse aventure de la foi. Vous avez encore beaucoup à découvrir, comme nous d’ailleurs, mais déjà vous percevez la joie de croire, le bonheur de se laisser aimer et d’aimer en retour. Vous pouvez compter sur notre prière. Bon cheminement vers le baptême.
Père Bruno CAZIN, curé des Paroisses Saint-Martin et Saint-Charles-de-Foucauld, doyen de Roubaix.