« Joie, grande joie pour tout le peuple ».
C’est l’ange du Seigneur qui l’annonce aux bergers : « Un Sauveur nous est né. C’est le Christ, le Seigneur. »
Joie, grande joie ! C’est ce que nous nous souhaiterons ce soir et demain en multipliant les « Joyeux Noël ».
Cette joie, c’est la joie d’une naissance, la joie d’un commencement. Toute naissance provoque de la joie. Un être nouveau s’éveille à la vie. C’est encore plus vrai pour Jésus. En lui, Dieu accomplit sa promesse et ouvre des temps nouveaux. Ciel et terre le chantent : le salut est là, devant les yeux ébahis des bergers, pauvres parmi les pauvres, que Dieu a choisis pour être témoins de la naissance du Sauveur en notre humanité.
Voilà pourquoi, je regrette qu’on se souhaite de plus en plus « bonnes fêtes de fin d’année ». Beaucoup le font dans un souci de laïcité, mais je ne sais si vous réalisez. C’est une grossière erreur. Noël, ce n’est pas la fin, c’est une naissance, un commencement. Noël intervient au terme de l’Avent, quatre semaines après le début de n’année liturgique. Et si le Nouvel an débute le 1er janvier, c’est parce qu’il conclut l’octave de Noël, les huit jours durant lesquels l’Eglise célèbre la naissance du Christ Jésus, huit jours durant lesquels la liturgie proclame : « aujourd’hui, nous célébrons le jour très saint où Marie, dans la gloire de sa virginité, enfanta le Sauveur du monde. » Noël et Nouvel An indiquent un commencement, un nouveau départ plein de promesses. C’est bien pourquoi, nous échangeons des vœux de bonheur, de santé, de paix.
Joie, grande joie, car en Jésus, Dieu s’est fait homme. Il est venu rejoindre notre humanité en prenant chair de notre chair, en devenant l’un d’entre nous, le fils de la Vierge Marie. De plus, Dieu se fait homme dans l’humilité de la crèche. Il rejoint les exilés et les sans domicile alors qu’il n’y a pas de place pour eux dans la salle commune. Contemplons l’humilité de Dieu. Contemplons l’abaissement de Celui qui est descendu du Ciel pour revêtir notre humanité. Et ce n’est pas fini. Il descendra plus bas encore, jusqu’à la mort sur la croix avant que Dieu le Père le ressuscite dans la force de l’Esprit. Ce mouvement d’abaissement et de relèvement, nous le célébrerons dans un instant dans l’eucharistie. Plus encore, nous y communierons pour que grandisse en nous la vie de Dieu.
Joie, grande joie en effet car si Dieu s’est fait homme, c’est pour que nous les hommes nous devenions fils et filles de Dieu. C’est pour que nous vivions de sa vie, que nous aimions comme lui, que nous manifestions tendresse et bonté comme lui. C’est pourque nous exercions la miséricorde comme lui. Que nous soyons serviteurs comme lui.
Joie, grande joie, car Noël, c’est la naissance de l’humanité nouvelle, la promesse que nous devenions des créations nouvelles dans le Christ, comme le dit si bien la prière qui accompagne la vêture de la robe blanche des baptisés.
Alors, en nous prosternant devant l’Enfant-Jésus de la crèche, n’en restons pas à l’émerveillement devant l’enfance innocente. Réjouissons-nous. Un Sauveur nous est né. C’est le Christ, le Seigneur. En lui, Dieu s’est fait homme, pour que nous les hommes, nous devenions toujours davantage fils et filles de Dieu, vivants de sa vie, rayonnants de sa lumière. Joyeux Noël à tous et à toutes.
Père Bruno CAZIN, curé des Paroisses Saint-Martin et Saint-Charles-de-Foucauld, doyen de Roubaix.