Mi6,6-8 ; Ps88,2-3,4-5,21-22,25.27 ; Mt25,31-40
Notre paroisse a la chance d’accueillir de nombreux catéchumènes cette année. Dans le dernier échange que nous avons eu, beaucoup partageaient l’importance du témoignage de vie que leur avaient donné des parents, une grand-mère, un ami, un saint vénéré par l’Eglise. Ce témoignage, c’est souvent celui d’une charité vécue au quotidien, d’une attention à l’autre, d’une tendresse, d’une amitié dont ils avaient bénéficié et dont ils avaient peu à peu découvert la source, le lien vital que cette personne avait avec Dieu, avec le Seigneur Jésus Christ.
Saint-Martin est un de ses témoins dont l’exemple reste parlant malgré les siècles qui nous séparent de lui. Jeune soldat romain, originaire de Pannonie, l’actuelle Hongrie, il se convertit au Christ, fonda le premier monastère de Gaule à Ligugé près de Poitiers puis devint évêque de Tours. Il a annoncé l’évangile, notamment dans les campagnes du centre de la Gaule. Il détruisait les idoles et établissait le culte du vrai Dieu. Sa charité contribuait à l’annonce de la Bonne Nouvelle. Jusqu’au bout, il s’est dépensé au service de ses frères, s’ingéniant à rétablir la concorde là où les jalousies et les rivalités provoquaient la division. Homme de prière, il contribuait à rapprocher le ciel et la terre. C’est ainsi que le Christ lui apparut, portant la moitié du manteau qu’il avait donné à un pauvre à Amiens. A l’heure de la mort, il s’en est remis à Dieu avec une grande confiance, repoussant le diable, en lui répliquant que le sein d’Abraham allait le recevoir.
Frères et sœurs, le témoignage de Martin est éloquent. Les actes parlent autant et même plus que la parole. A l’heure où beaucoup se veulent davantage missionnaires, il est bon de nous en rappeler. La fraternité vécue, l’entraide, une charité inventive sont l’expression de la foi. Il serait vain de se dire croyant sans aimer Dieu et son prochain et en particulier les pauvres de toutes ses forces. Il n’y a pas d’un côté la foi, la prière, la liturgie et de l’autre les engagements caritatifs comme le rappelle avec vigueur le pape Léon dans son exhortation Dilexi te. Les deux sont profondément liés car Dieu s’est fait homme et « ce que vous avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. » (Mt25,40)
Qu’est ce que Dieu attend de nous ? Cette cohérence entre la foi et les actes (Jc2,14-17). Le témoignage d’une foi vécue au quotidien, avant d’être célébrée à l’église : « Homme, le Seigneur t’a fait savoir ce qui est bien, ce qu’il réclame de toi : rien d’autre que pratiquer le justice, aimer la miséricorde, et marcher humblement avec ton Dieu ». (Mi6,8) Que cette invitation nourrisse notre prière en ce jour de fête. Qu’elle donne du fruit dans notre paroisse, placée sous le vocable de Saint Martin. Amen !
Père Bruno CAZIN, curé des Paroisses Saint-Martin et Saint-Charles-de-Foucauld, doyen de Roubaix.