La mort nous interroge. Que sont devenus nos défunts ? Où sont-ils ? Sont-ils vivants ? Sont-ils heureux ? Autant de questions qui se bousculent dans nos têtes lorsque nous faisons mémoire de ceux que nous avons aimés, de ceux qui nous ont donné la vie, des membres de nos familles, de nos amis. A ces questions, beaucoup répondent par le vide, considérant que la mort physique est un point final de l’existence, d’autres se disent que ce n’est pas possible, qu’ils ressentent la présence des défunts, parfois même qu’ils leur parlent comme s’ils étaient dans la pièce d’à-côté. Toutes ces positions sont respectables qu’elles soient mues par le réalisme ou par l’affection. Chrétiens, nous n’avons pas d’opinion, mais nous avons une certitude et une espérance : la certitude, c’est que Christ est ressuscité. Il est apparu à Marie-Madeleine et aux saintes femmes. Il a bouleversé les apôtres, les disciples d’Emmaüs et bien d’autres. Il a retourné Saul et en a fait Paul, l’apôtre des nations. L’espérance chrétienne est née de la résurrection du Seigneur. Et cette espérance, ce n’est pas seulement que nous ressusciterons un jour, cette espérance, c’est que l’amour a gagné. La mort est vaincue et avec elle le péché, la violence et la haine. Nous sommes pardonnés, réconciliés avec Dieu. Par le baptême, nous sommes devenus fils et filles de Dieu. Notre vie est déjà transformée si toutefois nous nous laissons remodeler par l’Esprit de Dieu. Ainsi, la vie éternelle a déjà commencé en nous. Elle n’a rien de spectaculaire mais elle donne des fruits d’amour, de justice, de fraternité, de paix. Ainsi dans la foi, nous croyons que cette vie-là, la vie de l’âme sauvée par le Christ n’aura pas de fin. Nous espérons que nous retrouverons ceux que nous avons aimés et tant d’autres que nous méconnaissons aujourd’hui. Nous savons que nous pouvons miser sur l’amour et nous laisser aimer de Dieu comme Jésus. « Ainsi, celui qui voit le Fils et croit en lui à la vie éternelle, et moi, je le ressusciterai au dernier jour. » (Jn6,40) car la vie éternelle consiste à accueillir la vie de Dieu, à se laisser aimer par lui et à aimer en retour. Voilà pourquoi nous confessons le Christ Sauveur. Parce qu’il nous permet de devenir enfants de Dieu à notre tour. Parce qu’il nous libère de l’enfermement sur nous-mêmes et de la peur de mourir qui conduit au péché.
Frères et sœurs telle est notre foi. Telle est notre espérance. L’espérance d’hommes et de femmes qui n’ont pas seulement la conviction qu’il y a quelque chose au-delà de la mort, mais d’hommes et de femmes qui croient au Christ, Fils de Dieu, ressuscité. Que cette espérance nous apaise. Qu’elle nourrisse en nous l’intime conviction que ceux que nous aimons « sont dans la main de Dieu » (Sg3,1). Prions pour eux. Prions pour qu’ils puissent accueillir l’immense miséricorde de Dieu et participer à sa vie glorieuse comme les saints et les saintes que nous avons fêtés hier. Amen.
Père Bruno CAZIN, curé des Paroisses Saint-Martin et Saint-Charles-de-Foucauld, doyen de Roubaix.