C’est la mémoire des saints qui nous rassemble aujourd’hui. Nous rendons grâce à Dieu pour leur vie transformée par sa grâce, leur vie qui a témoignée de la puissance de son amour. Les saints nous entraînent. Ils nous encouragent à suivre le Christ à notre tour. Ils intercèdent pour nous auprès de Dieu. Ils constituent l’Eglise du Ciel, avec la Toute Sainte, la Vierge Marie, mère de Dieu, les patriarches et les prophètes, les apôtres et les martyrs, les confesseurs de la foi et tous ceux qui ont donné corps à l’espérance chrétienne par leur vie exemplaire, l’ardeur de leur charité, le témoignage de leur vie donnée. Ils manifestent la fécondité de la foi, les multiples formes que prend l’aventure des disciples du Christ en fonction des histoires personnelles, des personnalités, des contextes. Certains nous sont familiers parce qu’ils ont été canonisés récemment, comme les Saints Carlo Acutis et Pier-Giorgio Frassati, d’autres nous sont proches parce que nous portons leur nom ou qu’ils sont devenus pour nous des références. Peu importe, cette magnifique symphonie chante la gloire de Dieu et stimule notre marche à la suite de Jésus. Voilà pourquoi l’Eglise leur consacre une fête, une fête de joie et d’espérance à laquelle nous associons les fidèles défunts dont on honorera la mémoire demain. En effet, nous espérons qu’eux aussi connaîtrons le bonheur en Dieu, la béatitude éternelle, dans la communion de tous les saints.
Mais, dites-moi ! Qu’est-ce que ça veut dire au juste, être saint ? C’est un nom familier. Mais savons-nous précisément ce qu’il veut dire ? « Saint, saint, saint, le Seigneur, Dieu de l’univers ». Nous le chantons lors de chaque messe, après la préface. Nous reprenons alors le chant des séraphins qu’Isaïe nous rapporte (Is6,3). Dans le Gloria, nous proclamons que le « Christ est le seul saint…, avec le Saint Esprit dans la gloire de Dieu le Père ». Dieu est le Saint d’Israël et chaque fois que nous prions le Notre Père, nous demandons que son Nom soit sanctifié… sanctifié par nous, sanctifié par notre manière d’être. Dieu est saint, infiniment vivant et plein d’amour. La sainteté touche au mystère de Dieu. Si elle recouvre à l’origine les notions de séparé, sacré, (Qodes) elle se communique aux hommes par l’Esprit saint. Elle s’oppose au péché, à tout ce qui défigure l’homme et contrarie le dessein de Dieu de nous associer à sa vie.
Pour fêter tous les saints, l’Eglise nous propos les Béatitudes, la charte du bonheur associant sainteté et plénitude de vie en Dieu. Ce bonheur, il s’offre aux pèlerins de l’espérance que nous sommes. Il se donne aux cœurs purs, aux doux, à ceux qui pleurent, aux affamés de justice, aux artisans de paix. Ce bonheur est plus qu’une promesse. Il transforme déjà la vie de ceux qui emboîte le pas de Jésus et passent avec lui de la mort à la vie. Sans lui, sans sa mort et sa résurrection, les béatitudes seraient incompréhensibles pour ne pas dire scandaleuses. Elles ne constituent pas un baume pour apaiser nos souffrances en attendant l’au-delà. Elles sont déjà la joie des serviteurs de l’évangile, le bonheur des pauvres de cœur et des persécutés pour la justice, de ceux qui comme Jésus reçoivent leur vie du Père et se laissent transformer par l’Esprit saint.
Sainteté et bonheur. Voilà ce qu’il nous faut désirer. Voilà ce à quoi, il nous faut aspirer, non pas pour sauver nos âmes et éviter la damnation, mais pour entrer pleinement dans la gloire de Dieu à laquelle nous sommes destinés. Telle est la merveilleuse aventure de la foi dans laquelle les saints nous entraînent, les saints connus et vénérés comme la foule innombrable des saints anonymes qui ont reflété la gloire de Dieu (2Cor3,17) dans la simplicité du quotidien. Confions-leur notre prière. Demandons-leur d’intercéder pour nous. Que nous puissions grandir en sainteté, sanctifier toujours davantage le nom de Dieu par notre manière d’être et d’aimer. Amen !
Père Bruno CAZIN, curé des Paroisses Saint-Martin et Saint-Charles-de-Foucauld, doyen de Roubaix.