Les Soeurs Dominicaines

À l’école des Dominicaines

La lumière du soleil emplit le lieu aux murs clairs. À l’arrière de la grande maison de la rue de Lille où vit la Congrégation romaine de saint Dominique, une petite chapelle accueille les neuf religieuses. Il y a plus de sièges que de sœurs. Une fois par semaine, des laïcs viennent prier avec elles. «  Nous ne sommes pas que dans le «faire»  : une partie de notre temps est occupée par la prière et la méditation  », résume sœur Édite.

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Le «  faire  », c’est pourtant ce qui a guidé cet ordre à Roubaix. La congrégation s’y implante en 1894. «  Roubaix connaissait une très forte expansion démographique. C’était une ville de 120 000 habitants !  » Et ce qui guide l’arrivée des religieuses, c’est l’école : Jeanne-d’Arc, à Barbieux. «  Cette fibre éducatrice, elle ne se traduisait pas juste par l’enseignement. C’est faire grandir la personne humainement, spirituellement…  », résume sœur Édite. «  Les sœurs faisaient l’école aux enfants des patrons du textile. Il était important de former des personnalités qui allaient prendre des responsabilités  », complète-t-elle. Cela a duré des dizaines d’années, jusqu’à ce que l’école passe sous contrat avec l’État. «  Les laïcs ont pris la suite dans l’esprit des Dominicains et, aujourd’hui encore, les directeurs se forment à la pédagogie apprise de saint Dominique.  »

« C’est la vie qui fait cela »

Membre d’un ordre itinérant, les religieuses présentes à Roubaix n’ont pas connu l’enseignement à Jeanne-d’Arc. «  Mais une est née ici, à Roubaix, et est allée à l’école chez les Dominicaines !  » Retraitées, les sœurs se sont tournées vers la vie de la paroisse et au sein d’associations d’alphabétisation par exemple. Aider, s’ouvrir aux peines des autres, qu’ils soient anciens prisonniers, femmes en difficulté, résidents du foyer l’Oasis, c’est ce qui les anime. Et sœur Édite de citer l’exemple de ce SDF qui un jour a sonné à la porte. «  Il voulait un café et parler. Puis il a demandé s’il pouvait venir prier avec nous. C’est la vie qui fait cela. Ce ne sont pas des choses organisées d’avance. Quand on aime les gens, on peut faire de belles rencontres…  »

Nord éclair, le 11 février 2017

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